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09/10/2008

Bezoek van Ingrid Betancourt in de Kamer

Jeudi 9 octobre 2008

Allocution de M. Herman Van Rompuy,

Président de la Chambre des représentants

______________________________

Mesdames, Messieurs,

Chers Collègues,

Mon premier mot sera pour remercier très chaleureusement Madame Ingrid Betancourt qui nous a fait l’honneur de répondre à l’invitation que nous lui avions adressée.

Permettez-moi de remercier également pour leur présence parmi nous aujourd’hui, Monsieur l’Ambassadeur de Colombie, votre maman, Madame Yolande Pulecio, ainsi que les représentants de la FICIB, Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt, et de sa composante belge, l’asbl Ingrid por la Paz.

Faut-il rappeler le rôle essentiel joué par la Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt qui a su, au-delà des frontières, mobiliser les citoyens et rassembler les énergies afin d’organiser, de soutenir et de susciter toute action, manifestation et prise de position locale, nationale ou internationale, tendant à la libération d’Ingrid Betancourt, de Clara Rojas et de tous les otages détenus en Colombie ?

Madame,

Votre libération après 2321 jours de captivité a donné lieu, dans le monde entier, à des manifestations empreintes de beaucoup d’émotion.

C’est avec joie et soulagement que la Chambre des représentants de Belgique a appris, le 2 juillet 2008, votre libération et celle de 14 autres otages. Ce fut la fin d’un long calvaire. Pour vous, Madame, qui êtes devenue le symbole de toutes les victimes des violences en Colombie, il s’est agi d’une détention de plus de six ans, dans des conditions inhumaines. Nous nous réjouissons que les autorités colombiennes aient pu obtenir sans violence ce dénouement aussi longtemps attendu. Nombreux sont celles et ceux qui, en Belgique également, ont partagé au fil des jours vos souffrances, alors que vous étiez détenue par les FARC dans une zone de la forêt tropicale très difficile d’accès. Vous n’étiez pas seule mais on ne pouvait pas vous le dire.

Nous voulons voir dans votre libération un signe d’espoir pour tous ceux qui sont encore retenus en otage ainsi que pour leurs familles. Nous pensons à eux en ce moment. Puisse cette libération n’être qu’une première étape.

Tous ceux qui ont œuvré à votre libération, à travers notamment les comités de soutien qui ont vu le jour en Europe, se sont également attelés à la défense des fondements mêmes de la démocratie. Vous avez rendu récemment hommage à la Belgique, lors d’une manifestation organisée à Paris, pour le rôle qu’elle a joué dans la mobilisation en faveur des otages de Colombie.

Mevrouw,

U groeide deels op in Colombia en in Frankrijk en besliste in 1990 terug te keren naar Colombia om er te strijden voor het Colombiaanse volk. Uw politieke overtuiging heeft u in 1994 in de Kamer van volksvertegenwoordigers en in 1998 in de Senaat gebracht. U voert uw politieke strijd “La rage au coeur, sans colère, sans mépris, sans sanglot”. Dat citaat van de Chileense dichter Pablo Neruda is trouwens de titel van het boek dat u in 2001 heeft gepubliceerd en waarin u uw levensloop schetst. In 2002 richt u uw eigen politieke partij “Oxigeno Verde” op en voert u campagne als kandidaat voor de presidentsverkiezingen. Op 23 februari 2002 wordt u gevangen genomen en start een lange lijdensweg.

Uw politieke actie was altijd ingegeven door een waarachtig streven om uw land en het Colombiaanse volk te dienen. “Een moedig en trots volk”, schrijft u, dat al te lang het slachtoffer is van een spiraal van geweld.

De Belgische vrouwelijke parlementsleden, volksvertegenwoordigers en senatoren, die in februari 2005 naar Colombia zijn gereisd om er de derde verjaardag van uw gevangenneming te herdenken, verwoorden het als volgt: “indien we de politieke strijd van Ingrid Betancourt in drie woorden zouden moeten omschrijven, zouden dat ongetwijfeld moed, vastberadenheid en cohesie zijn”. Uw moed herinnert mij aan de woorden van Antoine de Saint-Exupéry in “Terre des hommes”: “L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle”. En u heeft een hindernis op uw weg gevonden. De doodsbedreigingen die u kreeg hebben u nooit belet uw politiek engagement ten volle te beleven, en u heeft zelfs tot in de meest verafgelegen gebieden uw oor te luisteren gelegd bij uw medeburgers om een beter inzicht in hun problemen te krijgen.

Madame,

Onze députés de l’Assemblée de la Vallée du Cauca en Colombie, kidnappés en avril 2002, étaient assassinés le 18 juin 2007. Des otages politiques sont encore détenus par les FARC. Des organisations criminelles détiennent également de nombreux citoyens. Ailleurs dans le monde des milliers de personnes sont victimes de la barbarie. Ces actes nous interpellent et suscitent notre profonde indignation. Ils nous incitent à mener partout dans le monde le combat pour la dignité humaine. L’homme est une valeur en soi. Une cause qui ne respecte pas l’être humain, chaque homme et chaque femme, n’est pas digne d’être défendue. Permettez-moi, dès-lors, Madame, de relayer dans cette enceinte les paroles que vous avez prononcées lors du premier symposium sur le soutien aux victimes du terrorisme, organisé par l’ONU le mardi 9 septembre dernier à New York.

« Au nom de ceux qui sont toujours enchaînés, je vous implore aujourd’hui d’écouter votre cœur, de ne pas oublier que notre monde a un grand besoin de compassion, de tendresse et de générosité.

Nous devons confronter la haine et la barbarie du terrorisme aux valeurs suprêmes de l’Humanisme et de l’Amour. La réponse à la dévastation et au désespoir causés par le terrorisme est à trouver, non pas dans les abysses de la violence et de la revanche, mais dans les trésors de l’âme humaine ».

Permettez-moi d’y ajouter que notre monde connaît une lutte permanente entre les forces de l’Amour et de la Mort. Nous sommes du côté de l’Amour et de la Vie.

Ces mots peuvent paraître vagues tant qu’ils ne sont pas incarnés par des êtres humains. Vous en êtes un parfait exemple. Il est important de rendre hommage, dans le temple de la démocratie que constitue le Parlement, à celles et ceux qui s’insurgent contre les atteintes à la dignité humaine. Nous sommes, en tant qu’élus du peuple, les porteurs des valeurs fondamentales de la société et des citoyens. Lorsque l’être humain est en danger, nous le sommes également en tant que Parlement. Au-delà des clivages de la politique partisane, nous partageons, Madame, la même attitude de base et nous sommes impressionnés et émus de votre attitude pleine de dignité après votre libération, loin des sentiments de vengeance et de haine. C’est pourquoi nous sommes aussi heureux et fiers que vous soyez parmi nous aujourd’hui pour nous adresser la parole.

PRI/DL/vt – 9.10.08

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